Ce qu’il s’est passé ces trois derniers mois

Je ne sais pas vraiment par où commencer, alors d’abord… bonjour. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps d’écrire par ici. Et c’est aussi pour ça que je suis là, que vous êtes là, pour tout vous expliquer.

Par avance, je suis désolée. Cet article risque d’être long, brouillon, sans artifice. Juste des mots perdus au beau milieu d’internet. Je pensais faire cet article avant tout pour vous, pour répondre à vos interrogations, pour vous aider à comprendre. Mais plus j’avance, plus j’écris, et plus je me rends compte que c’est avant tout un exercice qui me fait du bien à moi. Bref, commençons. 

Une petite remise en contexte s’impose, alors voici à quoi ressemblait mon profil ces trois dernières années. Je m’appelle Morgane, je suis originaire du sud de la France. J’ai atterri à Montréal en août 2018 avec un visa étudiant, pour commencer un baccalauréat (équivalent de la licence) en communication-marketing à l’UQÀM. Je suis arrivée en couple avec Alex, lui dans le cadre d’un PVT. À côté de mes études, j’ai travaillé en vente, en restauration, et j’ai également fondé une petite entreprise de bougies l’année dernière. Dans l’idée, c’est à peu près ça. J’aimais beaucoup la petite vie que je m’étais créée au Québec, j’étais loin de m’imaginer que j’en serais là où j’en suis aujourd’hui. 

Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé?

D’abord, j’ai fait mon stage de fin d’études cet été, et j’ai été embauché directement par mon entreprise. Ça va peut-être paraître bizarre pour certains, mais j’ai trouvé ça difficile de passer du statut de étudiante toute sa vie, à travailleuse à temps plein, sans transition. Mais c’est peut-être parce que je commençais déjà à être épuisée mentalement. Une pandémie mondiale, des épreuves familiales, pas de vrais vacances pendant trois ans. Enfin si, une semaine la première année quand j’ai changé de travail, et pendant le confinement quand le café dans lequel je travaillais a fermé. Si on peut considérer ça comme des vacances… 

Aussi, un couple qui battait de l’aile. Alors, au mois d’août et après plus de 4 ans de relation, Alex et moi avons pris la décision de nous séparer. Et oui, c’est là qu’arrive le moment où il faut prendre rapidement des décisions. Notre appartement, nos meubles, notre chat, nos projets, la vie qu’on s’est construite ensemble, il n’y a pas de mode d’emploi pour gérer tout ça. Et puis, la question fatidique : rester au Canada ou rentrer en France? En fait, c’était assez clair pour moi, je n’étais pas assez forte pour gérer cette séparation loin de mes proches. Je n’avais plus les études qui me retenaient. J’avais besoin de m’éloigner, de me ressourcer, de me retrouver. Et je reviendrai dans quelques semaines, mois, quand je serais prête. Alors, en moins de deux semaines, j’ai pris mon billet d’avion, j’ai fait mes valises. J’ai annoncé mon départ à mon directeur, qui a décidé de me garder en télétravail à distance depuis la France. J’ai fait une vente de liquidation pour fermer temporairement mon entreprise. J’ai dit au revoir à tous les amis que je me suis fait ici. Et je suis partie. 

J’arrive en France le 20 août un peu désorientée, avec la sensation d’avoir perdu tous mes repères. Heureusement, il me restait la stabilité financière, et j’étais (je suis) très bien entourée. Et j’étais libre. Pas de loyer à payer, pas de compte à rendre, un job qui me permet de travailler de partout. J’avais l’envie et le besoin de revoir tous mes proches, après tout ce temps passé loin d’eux. Alors j’ai énormément bougé. Des amis et de la famille à Paris, à Bordeaux, dans les Landes, à Montpellier, je changeais d’environnement à peu près toutes les semaines, ce qui m’a permis de me changer les idées. J’ai décidé de vivre au jour le jour, de saisir toutes les opportunités qui s’offraient à moi, de tirer partie de ma situation pour en faire quelque chose de positif. Peut-être seulement en surface, mais c’était au moins ça. 

Je suis allée rendre visite à ma sœur en Écosse pendant 3 semaines, elle y habite depuis 4 ans et je n’avais encore jamais eu l’occasion d’aller la voir. Ce séjour m’a permis de prendre du temps pour moi, d’enfin me poser un peu pour assimiler tout ce qu’il venait de se passer ces dernières semaines. Ça a été très difficile, mais c’était nécessaire. J’avais énormément d’émotions que je gardais enfouies en moi depuis trop longtemps. Pour l’anecdote, je me souviendrais toujours du soir où j’ai craqué, où j’ai lâché prise à 100%. Pleurer au point de ne plus avoir de larmes, ne plus avoir d’énergie, tellement que j’ai perdu 3 kilos pendant la nuit. Sans blague! Je ne pensais même pas que c’était possible physiquement, comme quoi les kilos émotionnels, ça existe vraiment. Après ça, je me sentais vraiment plus légère (dans tous les sens du terme ahah). J’ai pu faire un gros travail d’introspection sur moi-même, sur ma relation, sur ce que je voulais pour l’avenir. 

Après l’Ecosse, je suis rentrée une semaine en France avant de repartir pour Dubaï cette fois. Une de mes meilleures amies habite là-bas depuis 3 ans, et encore une fois, je ne pouvais pas refuser l’opportunité qui s’offrait à moi d’enfin aller lui rendre visite également. Pour l’occasion, j’ai décidé de poser une semaine de vacances pour profiter au maximum de mon séjour là-bas (oui, sinon tout le reste du temps je travaillais toujours plus de 30 heures par semaine malgré les déplacements). C’est passé vite, trop vite, mais ça m’a fait beaucoup de bien. En rentrant de Dubaï, on était déjà fin octobre. J’étais allée partout, j’avais revu tous les gens que je voulais/pouvais revoir.

Et maintenant, quoi? 

C’était bien beau d’aller vivre chez tout le monde, mais je commençais vraiment à ressentir le besoin de retrouver un chez moi, une stabilité, une routine. La question qui s’est posée encore une fois, où ça? Rester en France, rentrer au Canada? J’ai très longtemps hésité, et j’ai fini par faire mon choix. Je vous explique. 

Une autre de mes meilleures amies habite à Paris, et elle s’est séparée cette année de son copain, comme moi. Elle cherchait un nouvel appartement, comme moi. Elle a terminé ses études cette année, comme moi. Vous voyez venir l’idée… On se connaît depuis qu’on a 8 ans, on se ressemble beaucoup dans notre manière de vivre, on travaille toutes les deux dans la communication. Alors dites-moi, combien d’occasion dans ma vie j’aurais de pouvoir faire une colocation avec ma meilleure amie à Paris? Peut-être plus jamais, alors c’est ce qui a fait pencher mon choix dans la balance. Parce que oui, j’aimais ma vie à Montréal. Et non, mon expérience là-bas n’est pas terminée. Je reviendrai, peut-être dans un an, peut-être dans plus, quand je serais prête, parce que j’ai encore beaucoup trop de choses à voir et à faire pour renoncer à tout ça. Encore et toujours, je saisirai les opportunités qui s’offriront à moi.  En attendant, j’ai encore beaucoup de travail à faire sur moi-même, pour me reconstruire. Et j’aime l’idée de le faire tout en découvrant la vie parisienne, en étant à proximité de mes proches, et en pouvant voyager facilement en Europe. 

A l’heure où je vous parle, je suis de retour à Montréal jusqu’au 19 novembre, pour déménager les affaires qui sont restées chez mon ex. On a de la chance d’être en bon terme et de se respecter mutuellement, ce qui me facilite vraiment la tâche. On est simplement plus heureux séparément. En tout cas, j’ai vraiment hâte de revoir tous les copains de Montréal, j’espère que j’aurais assez de temps pour tout faire. Et sinon, je suis toujours en recherche d’appartement sur Paris. 

Je sais aussi que vous allez me poser la question pour mon entreprise, alors je vous devance. Pour l’instant, je ne veux pas la fermer définitivement, en sachant que je souhaite revenir un jour. Mais je ne souhaite pas la continuer en France non plus. Par contre, si jamais ça vous intéresse, je risque d’avoir un petit stock de disponible dans les prochains jours avant de repartir, restez à l’affût sur Instagram

Je pense que j’ai fait le tour, cet article est déjà beaucoup trop long. C’était important pour moi de faire ce point-là avec vous, alors merci aux courageux(ses) qui seront restés jusqu’au bout. De mon côté, j’ai l’impression d’avoir vécu une vie entière en trois mois, plus que ces trois dernières années! J’ai fait des choses que je n’aurais jamais pu faire si tout n’avait pas été chamboulé, et je suis reconnaissante pour tout ça.

J’ai envie de terminer ces lignes en vous partageant des leçons que j’ai tiré de mon expérience personnelle. Surtout, pour passer un petit message à tous ceux et celles qui vivent une période difficile en ce moment, parce que je sais que c’est le cas de beaucoup de personnes dans mon entourage. Ne sous-estimez pas vos émotions, vos peines, vos douleurs. Chacun vit des épreuves différentes à sa manière, et vous avez le droit d’aller mal. L’accepter, c’est déjà faire une grosse part du travail. Faites confiance à la vie, faites confiance au temps, et faites vous confiance à vous-même. N’ayez pas peur de prendre des décisions qui pourraient changer votre vie. N’ayez pas peur du bonheur. Saisissez les opportunités qui s’offrent à vous. Et vous ne me croirez peut-être pas tout de suite, mais je vous le promets, ça va aller. 

Sur ceux, prenez soin de vous!

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