Témoignage #6 : Cassandre, une expatriation qui débute par un choix du coeur

Crédit photo : @les3doudoux_aucanada

Tous les autres crédits photos reviennent à Cassandre. Le design et la personnalisation des photos ont été réalisés par moi-même, à l’aide du logiciel Procreate sur l’iPad.

Bonjour à tous!

On se retrouve aujourd’hui pour le sixième témoignage d’expatriés au Canada. Le but est de mettre en avant des personnes ayant chacune des expériences et des histoires différentes à raconter. Je trouve ça tellement intéressant d’en savoir plus sur le parcours de toutes ces personnes qui décident de tout quitter pour venir vivre l’aventure canadienne, et j’espère que ça vous plait aussi.

Aujourd’hui, c’est au tour de Cassandre de nous raconter son expérience. Je l’ai découvert grâce à son compte Instagram, où elle partage son expatriation avec simplicité, authenticité et bienveillance, et c’est ce que j’aime beaucoup chez elle. Je suis sure que vous allez beaucoup l’apprécier aussi. Au travers de dix questions, je vous laisse en découvrir davantage sur son parcours, son expérience, sa vie au Québec, et ses projets à venir.

Parle-nous un peu de toi. Qui es-tu? D’où est-ce que tu viens? Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Quelles sont tes passions?

Hello 😊 Moi c’est Cassandre, ou Cassi pour les intimes. J’ai 28 ans (et à mon grand désespoir, je prendrai un an de plus le 31 janvier). Je suis parisienne, née à Courcouronnes dans le 91. J’ai grandi et vécu dans la même ville de Seine-et-Marne jusqu’à mon arrivée au Québec.

J’ai toujours été passionnée par les sciences et la biologie. Étant enfant, je rêvais de devenir vétérinaire, les animaux étant pour moi toute ma vie. J’ai donc passé mon bac scientifique en 2010, mais malgré des notes correctes je n’ai pas été acceptée en prépa Véto. A mon grand désespoir, j’ai dû abandonner ce rêve. J’ai donc fait une année de fac de bio à l’UPEC puis j’ai étudié à l’Institut de Formation des Techniciens de Laboratoires en analyses médicales de la Salpêtrière à Paris, pendant 3 ans. Je suis maintenant diplômée depuis juin 2014.

J’ai exercé ce métier dans une association de recherche clinique sur le lymphome un peu plus de 5 ans avant de venir au Québec. Ici, les techniciens de laboratoire sont des technologistes médicaux. Ils sont régis par l’OPTMQ, ce qui pour moi a été compliqué à admettre, car je ne pouvais pas exercer ce métier à mon arrivée à cause de cela. Or, j’ai appris que depuis le 1er janvier 2020, il n’était plus nécessaire de faire partie de l’Ordre pour exercer ce métier (du moins au CHUM, je ne sais pas dans les autres hôpitaux), sauf lorsque l’on est en contact direct avec le patient (prélèvement, banque de sang ou autopsie). J’ai donc fait ma demande de reconnaissance de diplôme auprès du MIFI, et j’ai reçu un retour positif. Le labo dans lequel je suis engagée depuis avril a décidé de me faire changer de poste. Je suis passée de technicienne classe B à technicienne de laboratoire diplômée.

Sur mon temps libre, j’aime me maquiller, faire du sport (musculation, fitness), regarder des séries, aller au cinéma, et plus récemment je me suis plus particulièrement intéressée à la photo. J’espère me perfectionner. Ici, il y a temps de choses à voir et à immortaliser. J’ai tellement hâte de pouvoir re-voyager et ainsi découvrir de nouveaux endroits.

Avant de t’expatrier au Canada, as-tu déjà vécu d’autres expatriations? Si oui, lesquelles? Et que penses-tu de l’expatriation en règle générale?

Non, je n’ai jamais vécu d’autres expatriations avant celle-ci. Et je dirais que ceux qui s’expatrient ont du cran. Car partir loin de ses repères, de sa famille ou de ses amis, de quitter un travail, vendre son appartement ou sa voiture pour tout recommencer plus ou moins loin c’est vraiment fou rien qu’à y penser. Oui, je pense qu’il faut être un peu fou pour s’expatrier.

Je n’aurai jamais imaginé vivre cette fabuleuse expérience. C’est vraiment enrichissant.

Pourquoi as-tu fait le choix de venir vivre au Canada?

Pour moi ce n’est ni mon choix, ni une évidence. Cela a commencé lorsque j’ai rencontré mon copain en 2016. Pour lui, l’expatriation, c’est limite sa raison de vivre. Il avait le projet de venir vivre au Québec grâce au PVT, il avait été tiré au sort quelques semaines avant notre rencontre. Ce permis, il le connaissait bien, car il l’avait déjà fait pour l’Australie. De fil en aiguille, je ne vous fais pas de dessin, il a décidé de partir quand même un jour avant la date d’expiration de sa lettre d’introduction (LI).

Nous avons continuer notre relation, et j’ai fait le choix (du cœur) de mettre tout mon argent de côté pour venir le plus souvent possible le voir en vacances et par la suite, le rejoindre ici à Montréal. C’est lors de mes voyages que j’ai appris à aimer cette ville et ce pays.

Pourquoi avoir choisi la ville de Montréal? Y a-t-il d’autres villes canadiennes dans lesquelles tu aimerais habiter?

Je n’ai pas choisi la ville dans laquelle je me suis installée, car je suis venue m’installer chez mon copain. Mon niveau d’anglais est extrêmement mauvais (du moins c’est ce que je dis, car je manque de confiance en moi là-dessus) donc ça m’arrangeait que l’on vive dans une région francophone.

J’aime énormément Montréal. Grande ville, mais qui reste conviviale, familiale, résidentielle. Je ne me verrais pas vivre ailleurs pour le moment. Je souhaite découvrir le reste du pays lors de week-ends, de road-trips, ou de vacances. Quand Cocovirus nous aura foutu un peu la paix.

Avec quel permis es-tu venue et depuis quand? As-tu trouvé que les démarches étaient compliquées?

Je suis arrivée au Québec avec un PVT (Permis Vacances-Travail) le 25 janvier 2020. Les démarches n’ont pas été très compliquées. Le site pvtiste.net est très bien fait et c’est une vraie mine d’informations, je vous le conseille fortement si vous avez des questions sur le PVT (et pas que sur le PVT Canada ).

En revanche, je ne fais pas partie des personnes tirées au sort rapidement. J’ai mis ma première candidature dans le bassin du PVT le 20 novembre 2017. N’ayant pas été tiré au sort cette année-là, j’ai retenté en décembre 2018. J’ai finalement été tirée au sort le 30 juillet 2019, 1 an et 8 mois après ma première demande. J’ai eu ma lettre d’introduction pile 1 mois après le tirage au sort. Il faut savoir qu’entre le moment où j’ai été tiré au sort et le moment où j’ai reçu la lettre, j’ai dû faire mes données biométriques et passer une visite médicale, obligatoire lorsque l’on veut travailler dans la santé ou auprès d’enfants (penser à vérifier que la mention vous l’interdisant n’apparaît pas sur votre permis avant de quitter l’aéroport, cela m’est arrivé et l’agent a dû refaire mon permis). Je trouve que les démarches sont plus longues que compliquées.

Que tu sois venue seule, en couple, en famille,… as-tu réussi à te socialiser facilement avec des Québécois ou avec d’autres expatriés? Est-ce que tu trouves ça difficile?

Avant mon arrivée, j’ai décidé de m’inscrire à la CITIM, histoire de faire des rencontres et d’appréhender au mieux les différences avec mon pays d’origine. Mais très franchement, je pense que la situation actuelle ne nous aide pas, en tant que nouveaux expatriés, à nouer des liens d’amitié que ce soit avec des Québécois ou mêmes d’autres étrangers.

Heureusement que les réseaux sociaux existent. J’ai pu rencontrer de super personnes et j’ai vraiment hâte de pouvoir en rencontrer d’autres.

Quelles sont les choses que tu aimes le plus et le moins dans la vie ici? Y a-t-il des choses qui te manquent?

Ce que j’aime le plus, c’est les grands espaces. Il y a tellement de choses à découvrir. Chaque saison apporte son lot de surprises. De plus, je dirais le tutoiement. Cela peut paraître étrange, mais au début j’avais vraiment beaucoup de mal à tutoyer, mais maintenant c’est devenu un réflexe. Je tutoie peut être même un peu trop.

En ce qui concerne ce que j’aime le moins, je dirais la nourriture. J’ai beaucoup de mal à trouver des aliments bons, pas chers, de bonne qualité. Ou le fait de devoir anticiper les taxes à chaque passage en caisse. Je n’arrive pas à prendre l’habitude. Et puis, moi qui aime les animaux et qui envisage éventuellement d’adopter un chat, je trouve que Montréal n’est pas très pet-friendly. Il est difficile de trouver un appartement qui accepte les animaux. Ici, les propriétaires ont le droit de refuser la présence d’animaux dans leurs appartements.

Concernant ce qui me manque, je pense que tout le monde s’en doute, mais c’est la famille, les amis et mes animaux que j’ai laissés en France. Je pense que le plus dur d’une expatriation c’est lorsque l’on est loin de ses proches, et de ne pas être présent quand un événement survient. Et inversement, ne pas pouvoir être prêt d’eux quand ça ne va pas.

Si tu devais garder un souvenir, une expérience que tu as vécue depuis que tu habites ici, lequel serait-il?

J’ai déjà tellement de beaux souvenirs en tête que je ne peux pas en choisir qu’un seul. Les meilleurs resteront mon week-end à New York, week-end surprise que mon copain a organisé lors de l’un de mes voyages. La matinée à faire du chien de traîneau, les randonnées dans les parcs du Québec, voir les chutes du Niagara, faire de la luge sur 7 km dans le massif de Charlevoix.

Comptes-tu rester au Canada par la suite? Quels sont tes projets à venir?

La réponse est oui. Mon copain ayant déjà lancé sa Résidence Permanente (RP), je vais faire pareil. Je vais attendre d’avoir mes 52 semaines à temps plein pour pouvoir lancer mon CSQ puis ma RP. Et je pense qu’à terme, ce que je souhaiterai vraiment, c’est d’avoir la double nationalité. Tout ça me paraît encore bien loin… chaque chose en son temps.

Enfin, si tu devais donner un ou plusieurs conseils à une personne qui souhaite s’expatrier, qu’est-ce que tu lui dirais?

Avant de s’expatrier, il faut s’informer. Bien se renseigner vous évitera de perdre beaucoup de temps et éventuellement beaucoup d’argent. Mûrir et construire votre projet vous évitera sûrement des désillusions à votre arrivée. J’ai eu la chance de venir six fois à Montréal avant de m’y installer. Je n’ai pas eu de choc culturel. Mais je pense que si tu veux t’installer dans un pays étranger, le mieux à faire est de venir le découvrir le temps d’un voyage. De voir si cela te plaît avant de venir y poser tes valises.

Et si je pouvais te donner un conseil, et non des moindres, fais des économies. L’immigration a beau te donner un montant minimum à avoir sur ton compte à l’arrivée à l’aéroport, il est cependant pas toujours suffisant. Surtout si tu sais que tu risques d’avoir du mal à trouver du travail rapidement.

Pour finir, je dirais, profite! Profite à fond. Profite des moindres petites choses et arrête de voir juste le négatif. Je ne le dirais jamais assez : il n’y a pas de pays parfait. Sort, visite, rencontre des gens. Et même si ce ne sont que des expatriés, ce n’est pas grave! C’est un point commun que vous avez et personne ne peut rien y faire. Je pense qu’il faut arrêter de culpabiliser de ne « traîner » qu’avec des Français. Lorsque la situation s’améliorera, j’espère que cela changera un peu les choses.

Je remercie Cassandre d’avoir accepté de nous raconter son expérience, je trouve ça super intéressant d’en découvrir davantage sur elle et sur son parcours. J’espère que vous avez apprécié apprendre à la connaitre, et je vous invite encore une fois à aller jeter un oeil sur ses réseaux pour continuer à suivre ses aventures au quotidien.

Pour finir, si tu es expatrié(e) au Canada et que tu souhaites être mon ou ma prochain(e) invité(e), n’hésites pas à m’envoyer un petit message, je serais ravie de partager ton expérience. Sinon, tu peux aussi cliquer ici pour lire davantage de témoignages.

On se retrouve la semaine prochaine dans un nouvel article, en attendant prenez soin de vous!

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