Témoignage #3 – Chaddia, expatriée à Montréal depuis plus d’un an

Bonjour à tous!

On se retrouve aujourd’hui pour le troisième témoignage d’expatriés au Canada. Le but est de mettre en avant des personnes ayant chacune des expériences et des histoires différentes à raconter. Je trouve ça tellement intéressant d’en savoir plus sur le parcours de toutes ces personnes qui décident de tout quitter pour venir vivre l’aventure canadienne, et j’espère que ça vous plait aussi.

Aujourd’hui, c’est au tour de Chaddia de nous raconter son expérience. C’est une fille que je suis depuis un petit moment à travers son compte Instagram et son blog, et j’adore sa manière de penser, de communiquer, et de partager son quotidien. Je suis sure que vous allez l’adorer aussi! Au travers de dix questions, je vous laisse en découvrir davantage sur son parcours, son expérience, sa vie au Québec, et ses projets à venir.


Parle-nous un peu de toi. Qui es-tu? D’où est-ce que tu viens? Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Quelles sont tes passions?

Allô, allô! Mon nom est Chaddia. Je suis née sur l’île de la Réunion, mais j’ai grandi en métropole. J’ai vécu dès mon plus jeune âge en famille d’accueil. Une famille d’accueil que je considère comme ma propre famille, qui m’a élevé et éduqué dans la campagne sarthoise. J’ai étudié au collège et au lycée de Mamers (pour ceux qui connaissent) et j’ai commencé ma vie d’étudiante et de jeune diplômée à « Le Mans » (oui, oui, j’ai toujours eu beaucoup de mal à dire « au Mans »). 

Je suis infirmière diplômée depuis 2017. J’ai exercé ce travail 2 ans et demi avant de m’expatrier au Canada. Après, un parcours professionnel qui n’a pas toujours été facile en France, j’ai profité de ce projet pour exercer autre chose à Montréal. Mais mon métier est vite revenu au galop (encore plus avec la covid, j’avais comme le besoin de retourner à ma place et de me sentir utile). J’ai donc réalisé toute la procédure pour pouvoir passer l’équivalence. À date, je viens de commencer le stage d’adaptation de 75 jours me permettant d’obtenir l’équivalence d’infirmière clinicienne québécoise. 

Sur mon temps libre, la découverte de Montréal, des environs et du pays me passionne. J’ai le goût de l’aventure et du voyage. J’ai aussi une passion pour la couture. C’est un moyen pour moi de laisser parler mon imagination tout en créant de nouvelles choses, uniques et fidèles à ma personnalité. Et en parlant de chose unique, j’ai toujours eu un intérêt pour la seconde main dans le but de trouver des pièces qui me ressemblent, originales et à moindre coût. Et j’ai clairement développé une passion pour les friperies, ici à Montréal, où chaque pièce dénichée est clairement unique.


Avant de t’expatrier au Canada, as-tu déjà vécu d’autres expatriations? Si oui, lesquelles? Et que penses-tu de l’expatriation en règle générale?

Je n’ai jamais vécu d’autre expatriation, mais j’ai vécu un mois au Cambodge dans le cadre de ma formation avec cinq de mes copines infirmières. J’ai énormément appris de cette expérience. Que ce soit sur le système de santé et la culture cambodgienne, sur ma façon de vivre en « communauté », apprendre à mieux se connaître mutuellement… Mais aussi, sur mes capacités à réaliser un projet de A à Z, coûte que coûte, et se donner tous les moyens possibles, ensemble! Une grande fierté. Après ça, j’étais encore plus certaine d’avoir envie de vivre une expatriation. 

Parce que oui, je pense que l’expatriation est l’un des meilleurs moyens pour apprendre à connaître ses capacités comme ses limites tout en sortant de sa zone de confort. Pour ma part, j’ai toujours vécu en Sarthe. Je ne me voyais pas évoluer même dans une autre région française. Quitte à partir, autant partir loin. C’est ça, je ressentais le besoin de faire un grand saut vers un autre continent pour peut-être en savoir plus sur mes envies et mes projets de vie (en France ou non). 


Pourquoi as-tu fait le choix de venir vivre au Canada?

Et bien, c’est simple, c’est le Canada qui nous a choisi de par la job de mon copain. Notre rêve c’était de vivre sur un autre continent, où l’anglais y est parlé, pour se dépayser totalement, dépasser nos limites et vivre une nouvelle aventure ensemble, quel que soit le pays.  

Étant donné que je ne souhaitais pas travailler en tant qu’infirmière dans un premier temps mais que mon copain, lui, voulait rester dans son secteur en tant qu’ingénieur en informatique, on s’est donné comme deal : partir là où lui trouverait du travail : Amérique du Nord, Amérique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande…

Après, pour être honnête, mon copain a toujours eu une préférence pour le Canada. Donc ses recherches d’emplois se sont plus orientées vers ce pays. Pour moi, le Canada et le froid, c’était juste compliqué à envisager. Mais c’est surtout parce que j’avais toujours entendu dire qu’il était difficile d’y être tiré au sort pour y aller (dans le cadre du Permis Vacances-Travail). Donc j’avais un peu mis ce pays de côté durant mes recherches. Finalement, je suis ravie d’être ici, même avec l’hiver québécois.


Pourquoi avoir choisi la ville de Montréal? Y a-t-il d’autres villes canadiennes dans lesquelles tu aimerais habiter?

Mon copain a donc trouvé une job à Montréal, donc encore une fois, c’est Montréal qui nous a choisi. C’est vrai que nous souhaitions une ville où l’anglais y est plus parlé pour pouvoir améliorer mon niveau (je ne parle pas du tout anglais). Mais en l’occurrence, il a été plus facile pour nous de faire nos démarches, du fait qu’au Québec, on parle le français québécois. Cependant, il m’arrive de rencontrer des anglophones à ma job et d’être “obligé” de me familiariser avec l’anglais (même si c’est très chaotique). 

On est très bien ici à Montréal, et pour le moment, on s’est jamais dit qu’on irait vivre ailleurs d’autant plus qu’avec la covid, on ne connaît pas encore les autres provinces. Mais si un jour, on avait l’envie d’aller vivre autre part, je pense que ça serait peut-être pour aller dans une autre province où la langue officielle est l’anglais (et sortir de ma zone de confort).


Avec quel visa es-tu venu? As-tu trouvé que les démarches étaient compliquées?

Je suis venue avec un Permis Vacances-Travail (PVT) et j’ai atterri avec mon conjoint à Montréal le 24 septembre 2019. Comme je le disais précédemment, le plus dur dans ce permis, c’est d’être tiré au sort. J’ai eu la chance d’être tiré au sort et de recevoir une invitation seulement 11 jours après mon inscription (alors que certains attendent parfois des années). 

Après ça, je n’ai pas trouvé que ça soit particulièrement compliqué à partir du moment où tout est bien suivi à la lettre et que tous les documents sont bien fournis (notamment à la douane). C’est surtout l’attente qui est stressante entre les données biométriques, la visite médicale et la réception de la lettre d’introduction. Je l’ai obtenu 1 mois et 9 jours exactement après mon inscription. Moi qui pensais que c’était impossible. Comme quoi! 

Ps : mon copain est venu avec un visa Jeune Professionnel (JP). Il s’agit d’un permis de travail fermé accessible pour toute personne de 18 à 35 ans.  Après avoir trouvé un employeur qui accepte de faire un visa JP (il a trouvé en trois mois), la démarche est encore plus rapide parce qu’il y a plus de places dans la catégorie JP que de candidatures. Donc, il a été tiré au sort d’office le lendemain de sa demande. 


Que tu sois venue seule, en couple, en famille,… as-tu réussi à te socialiser facilement avec des Québécois ou avec d’autres expatriés? Est-ce que tu trouves ça difficile?

Je pense que se créer un réseau social est l’une des choses les plus difficiles ici. J’ai rencontré à travers mes jobs à Montréal, des personnes extraordinaires, qui ont fait et qui font de cette expatriation une plus belle aventure encore. Mais en dehors du travail, je remercie les réseaux sociaux, qui me permettent d’échanger avec de belles personnes. J’ai pu en rencontrer certaines avant la covid, mais il nous tarde que cette pandémie ne soit plus qu’un mauvais souvenir pour pouvoir à nouveau se rencontrer et passer du virtuel au réel. J’ai beaucoup de chance d’être toujours accompagné au quotidien par mon chum, comme on dit icitte. Il m’aide vraiment, encore plus lorsque le moral n’est pas au beau fixe.


Quelles sont les choses que tu aimes le plus et le moins dans la vie ici? Y a-t-il des choses qui te manquent?

Mes proches au quotidien me manquent. Même si j’ai eu la chance de retourner en France pour les voir récemment, il y a toujours une part d’eux qui manque. J’aimerais tellement qu’ils puissent venir ici, et voir ce que je préfère le plus dans ma nouvelle vie, comme le fait de vivre en ville, mais d’être entouré par la nature (les nombreux parcs dans Montréal et les parcs nationaux en périphérique). J’adore aussi plus que tout l’automne et ses paysages haut en couleur et à couper le souffle, l’hiver et ses multiples activités qui nous permettent de mieux affronter le froid, sans oublier la vie plus douce, plus calme et moins stressante à Montréal. Ici, je me sens beaucoup plus détendue. 

Par contre, j’aime moins le côté très communautaire des Québécois (être québécois et non canadien), le dollar canadien et les taxes qui font que tout me parait plus cher qu’en France, et les travaux (je crois que je n’ai jamais vu autant de travaux de toute ma vie).


Si tu devais garder un souvenir, une expérience que tu as vécue depuis que tu habites ici, lequel serait-il?

Et bien, après un an de vie ici, je pense que mon plus beau souvenir est ma rencontre avec les baleines de Tadoussac. Une expérience tout simplement magique. Les voir dans leur milieu naturel m’a comme « émue ». Ça rejoint aussi, ma rencontre avec les ours noirs de la Mauricie. Deux expériences remarquables et impressionnantes. 

Ce qui me réjouit, c’est d’avoir déjà plein de souvenirs et d’expériences en mémoire et de savoir que ce n’est que le début (ma wish-list est encore longue).


Comptes-tu rester au Canada par la suite? Quels sont tes projets à venir?

Pour le moment, nous aimerions rester plus longtemps que nos deux ans de permis, parce que deux ans ça passe trop vite, et parce qu’on aimerait encore concrétiser des projets ici. Donc, en ce moment, nos dossiers de demande de Certificat de Sélection du Québec (CSQ) sont en cours pour ensuite espérer faire une demande de Résidence Permanente (RP) et avoir la chance de rester plus longtemps au Québec. Même si toutes ces démarches sont déjà des casse-têtes, chaque chose en son temps! On croise les doigts pour que ça se passe aussi bien que pour nos demandes de permis précédents.


Enfin, si tu devais donner un ou plusieurs conseils à une personne qui souhaite s’expatrier, qu’est-ce que tu lui dirais?

De foncer!!! Parce que même si l’année 2020 n’est officiellement pas la meilleure année du monde avec la covid, cette année aura fait encore plus ressortir en moi le fait que la vie est unique et que la vie est belle (bon dit comme ça, ça fait un peu cucul la praline, mais l’idée est là). 

S’expatrier, c’est une expérience unique. Même si la communauté d’expat’ est gigantesque, ton expérience reste la tienne, celle que tu auras créée de A à Z. Alors personne n’aura la même que toi, et juste ça, c’est l’fun. Alors fonce! Il n’ y a pas meilleur moyen pour apprendre à se connaître, profiter un maximum, se lancer des défis et oser les réaliser.

Et je conseillerais aussi de ne pas avoir peur d’aller vers les autres. Ce n’est pas grave, si tu ne rencontres pas et que tu ne crées pas de relation avec des Canadiens, parce que ce n’est pas aussi simple que ça. Je me suis dit ça au début, à quoi bon vivre au Canada si c’est pour fréquenter des Français. Mais pour vrai, en tant que français on est tous différents (régions, job, hobbies, gastronomie…) et ça en reste tout autant enrichissant. Alors, n’hésite pas, ton expat’ en sera beaucoup plus sympa.

Je remercie Chaddia d’avoir accepté de nous raconter son expérience, je trouve ça super intéressant d’en découvrir davantage sur elle et sur son parcours. J’espère que vous avez apprécié apprendre à la connaitre, et je vous invite encore une fois à aller jeter un oeil sur ses réseaux pour continuer à suivre ses aventures au quotidien.

Pour finir, si tu es expatrié(e) au Canada et que tu souhaites être mon ou ma prochain(e) invité(e), n’hésites pas à m’envoyer un petit message, je serais ravie de partager ton expérience. Sinon, tu peux aussi cliquer ici pour lire davantage de témoignages.

On se retrouve la semaine prochaine dans un nouvel article, en attendant prenez soin de vous!

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s