Témoignage #2 – Arthur rentre en France après plus de deux ans d’expatriation

Bonjour à tous!

On se retrouve aujourd’hui pour le deuxième témoignage d’expatriés au Canada. Le but est de mettre en avant des personnes ayant chacune des expériences et des histoires différentes à raconter. Je trouve ça tellement intéressant d’en savoir plus sur le parcours de toutes ces personnes qui décident de tout quitter pour venir vivre l’aventure canadienne, et j’espère que ça vous plait aussi.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Arthur, alias Artyfixe sur Instagram et sur son blog, de nous raconter son expérience. Après plus de deux ans à vivre et étudier à Montréal, il vient juste de quitter le Canada pour rentrer en France (mais, peut-être pas pour longtemps!). Au travers de dix questions, je vous laisse en découvrir davantage sur son parcours, son expérience, sa vie au Québec, et ses projets à venir.


Parle-nous un peu de toi. Qui es-tu? D’où est-ce que tu viens? Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Quelles sont tes passions?

Je m’appelle Arthur, j’ai 28 ans, je suis né à Bordeaux. Je viens de terminer ma maîtrise en marketing à l’ESG UQAM (une université au Canada). Avant cela, j’ai fait une licence de communication en France (à Lyon et à Paris), et encore avant, j’ai suivi des études de musique et de théâtre (et j’ai également travaillé). Mes passions sont les voyages, la lecture, l’écriture, la cuisine et la musique. J’adore aussi me promener et partir à la découverte de ma ville, prendre des photos, en apprendre sur les quartiers, les habitants, en savoir plus sur la ville et l’environnement dans lequel je vis au quotidien.


Avant de t’expatrier au Canada, as-tu déjà vécu d’autres expatriations? Si oui, lesquelles? Et que penses-tu de l’expatriation en règle générale?

Avant de venir étudier à Montréal en 2018, j’avais déjà passé un an en Angleterre, lors de ma 2ème année de licence, donc l’année scolaire 2016-2017. Ce n’était pas vraiment une expatriation parce qu’il s’agissait d’un échange Erasmus, mais j’ai quand même pu découvrir un pays avec une culture totalement différente de la France. Je me souviens aussi que j’avais vraiment bien aimé la mentalité des gens que je croisais en général, la vie à l’université (le fonctionnement des cours ressemble plus au fonctionnement des cours des universités nord-américaines). Je pense que l’expatriation (ou même passer un an à l’étranger) est une super aventure de manière générale, évidemment non sans embûches (particulièrement cette année avec le contexte), mais qui permet de se forger une assurance et de repousser ses propres limites. À côté de cela, on vit aussi plein de nouvelles choses, on fait de nouvelles rencontres, on évolue dans un contexte différent, et c’est super rien que pour cela, même s’il y a des jours qui sont un peu plus difficiles.


Pourquoi as-tu fait le choix de venir vivre au Canada?

J’ai décidé de venir faire ma maîtrise au Canada pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, lors de mon retour d’Angleterre après la première expérience dont je vous ai parlé. Il me restait un an de licence à faire et je me disais que je voulais repartir à l’étranger pour la suite de mes études une fois ce diplôme obtenu. Alors, j’ai commencé à regarder les formations un peu partout en Europe (ou dans quelques pays), et puis finalement au Canada. Tout de suite, mon attention s’est portée sur le Québec, et puis particulièrement sur la ville de Montréal. J’avais d’abord entendu des échos assez positifs d’expatriés français ou européens qui étaient partis là-bas et avaient apprécié l’ambiance de la ville, la gentillesse des habitants et la proximité avec les parcs naturels. Après, évidemment, il y avait l’aspect francophone du Québec (même si j’ai hésité à faire ma maîtrise dans une université anglophone comme McGill et Concordia). Mais les tarifs de l’université n’étaient pas les mêmes (comme ceux des universités dans les autres provinces du Canada), et mon choix s’est donc tourné vers l’UQAM qui proposait un programme en marketing en français et à des prix raisonnables. Enfin, je voulais être dans une ville comme Montréal, car j’ai toujours vécu dans des « grandes » villes et je n’aurais pas aimé étudier dans une plus petite ville comme Ottawa ou comme Québec par exemple.


Pourquoi avoir choisi la ville de Montréal? Y a-t-il d’autres villes canadiennes dans lesquelles tu aimerais habiter?

J’ai un peu répondu à la question dans ma réponse précédente, mais j’ai choisi Montréal pour son côté à la fois francophone et ouvert sur l’international, ses nombreuses universités (j’avais entendu que c’était la meilleure ville pour étudier en Amérique du Nord!), et aussi parce que j’avais lu plein d’articles ou vu des vidéos très enthousiastes sur la ville. Je suis quelqu’un qui s’habitue relativement vite et qui aime changer souvent d’environnement, et donc aujourd’hui je serais attiré par une autre expérience dans une ville canadienne comme Vancouver ou comme Toronto. Hélas, j’ai entendu dire que les deux villes étaient très chères, mais je suis vraiment attiré par la province de la Colombie-Britannique (Vancouver), pour la qualité de vie, la beauté des paysages, la proximité avec la nature, l’océan… Qui sait, un projet pour dans quelques années peut-être! 


Avec quel visa es-tu venu? As-tu trouvé que les démarches étaient compliquées?

Je suis venu avec un permis d’études valable pour la durée « estimée » de ma maîtrise (septembre 2018 à fin août 2020). J’ai ensuite prolongé ce permis d’études de quelques mois (septembre 2020 à décembre 2020) car je n’avais pas tout à fait terminé mon rapport de recherche (je l’ai remis en septembre), et le gouvernement québécois ont dit qu’il prolongeait automatiquement les CAQ des élèves qui terminaient entre avril et août 2020 jusqu’à fin décembre 2020, à cause du Covid et de toutes ces complications. J’ai donc eu juste à prolonger mon permis d’études de quatre mois (sans refaire de CAQ). En dehors de cela, je trouve les démarches pas forcément compliquées, mais très rigoureuses (mon premier CAQ avait été refusé la première fois parce que j’avais oublié de signer à l’arrière de ma photo d’identité). En dehors de cela, le site du gouvernement est relativement simple, mais les délais peuvent être très longs et cela peut être parfois stressant (j’ai prolongé ma RAMQ ce semestre et cela a été super compliqué car ils me demandaient une attestation de l’université alors que je ne vais plus en cours). J’ai écrit un article sur mon blog à ce sujet si cela vous intéresse.


Que tu sois venue seul, en couple, en famille,… as-tu réussi à te socialiser facilement avec des Québécois ou avec d’autres expatriés? Est-ce que tu trouves ça difficile?

Je suis venu seul la première fois, et je suis arrivé seul à Montréal. Je ne connaissais qu’une seule personne sur place, une Française qui était venue aussi faire ses études en même temps que moi pour une maîtrise en communication. C’est donc naturellement vers elle que je me suis tourné. Très rapidement, notre cercle de connaissances s’est de plus en plus élargi (autres étudiants, colocataires). Le seul problème? Ils étaient tous français ou européens! (belges, suisses,…). J’avais déjà entendu ce cliché sur « les Français qui restent entre eux », mais honnêtement, je ne l’ai pas cherché plus que ça, je pense que c’est le hasard des circonstances. J’ai rencontré aussi quelques personnes qui sont devenues proches à l’université. Un peu plus tard, j’ai rencontré mon copain qui est Canadien anglophone et qui travaille, donc il m’a présenté à quelques collègues, amis, mais disons que nous ne sommes jamais devenus très proches. De manière générale, je dirais qu’il est extrêmement facile de rencontrer et de socialiser avec d’autres expatriés/étudiants français ou étrangers. En revanche, avec les Québécois, cela reste un peu plus difficile, car ils ont déjà leur travail/famille/études/cercle d’amis, etc… De manière générale, Instagram m’a aussi aidé à rencontrer de nombreux expatriés qui vivent la même expérience, et même si ce n’est que virtuellement, cela apporte quand même extrêmement de soutien et beaucoup de réconfort! 


Quelles sont les choses que tu aimes le plus et le moins dans la vie ici? Y a-t-il des choses qui te manquent?

Les choses que j’aime le plus dans ma vie ici sont bien sûr le fait de vivre avec mon copain, mon indépendance, ma liberté, le sentiment de vivre ma vie et mon expérience sans devoir de compte à mon entourage, la proximité avec la nature, la propreté dans la rue, la politesse des gens (en général), la sécurité dans la ville (en général), les multiples quartiers de Montréal à découvrir et redécouvrir. J’ai écrit deux articles sur mon blog à ce sujet, l’un sur mes quartiers préférés à Montréal et l’autre sur les points positifs et négatifs de la ville. Ce que j’aime le moins, et qui est en plus accentué à cause du contexte actuel, c’est que ne vivant pas en plein centre-ville, j’y vais de moins en moins car je n’y fais plus mes études. Avec l’hiver qui s’en vient et la neige qui va avec, je ressens quelquefois une grande solitude (je l’ai toujours ressenti en hiver). C’est la saison qui me pose le plus de difficultés. Autrement, je dirais que ce qui me manque le plus de l’Europe, c’est la météo plus clémente en hiver, qui me permet de m’habiller comme je veux sans faire attention aux écarts de températures. Aussi, le côté plus « européen » avec de moins longues distances, et la possibilité de voyager un peu partout plus facilement (plus de facilités, plus de transports). C’est un cliché, mais parfois, même en jeune adulte, il m’arrive de regretter la cuisine de ma mère, la douceur des saveurs et le parfum des épices qu’elle utilise. En hiver, ce qui me manque aussi au Canada, c’est de ne plus pouvoir du tout utiliser de bicyclette. 


Si tu devais garder un souvenir, une expérience que tu as vécue depuis que tu habites ici, lequel serait-il?

Les plus beaux souvenirs sont ceux de mes voyages je pense, que ce soit lors de mon voyage à New York pour Noël l’an dernier (super pratique depuis Montréal car seulement à une heure d’avion!), ma visite à Toronto, à Ottawa, dans le nord du Québec, dans la région de Charlevoix, du Bas-Saint-Laurent, de la ville de Québec même, d’un petit joyau architectural de la région de l’Estrie à une heure de Montréal… Je vous conseille aussi les parcs naturels, que ce soit en été, en automne ou en hiver, vrai bol « d’air frais » en dehors de la ville. Si vous n’avez pas de voiture, il y a des sites de location pas très chers pour en louer une le week-end. À chaque fois, ce sont ces sorties qui m’ont le plus aidé à me détacher de mes études et à me vider la tête! Je vous conseille aussi d’aller faire un tour au parc Oméga à une heure de Montréal pour aller voir les animaux dans leur environnement naturel, c’est magique! 


Comptes-tu rester au Canada par la suite? Quels sont tes projets à venir?

Je compte rentrer en France pour la fin 2020 (avant la fin de mon visa actuel), et revenir un peu plus tard pour travailler avec un permis travail post-diplôme, au Québec ou dans une autre province (je ne me suis pas encore super bien renseigné sur la question). Sinon, pourquoi ne pas partir travailler dans un autre pays européen que la France pendant quelques temps.


Enfin, si tu devais donner un ou plusieurs conseils à une personne qui souhaite s’expatrier, qu’est-ce que tu lui dirais?

Prendre le temps de réfléchir à son projet, le construire, le voir grandir, le modifier, en gros, écouter son rêve mais en planifiant tout bien pour la suite, pour ne pas faire le mauvais choix! Cela évite les débuts difficiles. Un petit exemple pour illustrer mon propos : la recherche d’appartement. Beaucoup de gens veulent trouver avant de venir sur place, ce qui est pour moi une erreur. On se stresse beaucoup pour rien avant de venir alors que sur le moment, on se rend compte que ce n’est pas si pire! Mais il faut quand même être préparé à tout, donc peut-être à être un peu déçu, car je ne pense pas que vivre au Québec soit fait pour tout le monde. Arriver en été sera plus facile dans tous les cas qu’en plein coeur de l’hiver. Et aussi, apprendre à vivre son expérience à fond, même si cela ne correspond pas à vos attentes et que vous vous dites « j’ai envie de repartir chez moi ». Apprendre également à profiter du moment présent, car cela reste quand même une énorme opportunité et une immense chance de pouvoir vivre ici. Que ce soit pour du court, moyen ou long terme, il faut vivre à fond son expérience!

Je remercie Arthur d’avoir accepté de nous raconter son expérience, je trouve ça super intéressant d’en découvrir davantage sur lui et sur son parcours. J’espère que vous avez apprécié apprendre à le connaitre, et je vous invite à aller jeter un oeil sur ses réseaux pour continuer à suivre ses aventures au quotidien.

Pour finir, si tu es expatrié(e) au Canada et que tu souhaites être mon ou ma prochain(e) invité(e), n’hésites pas à m’envoyer un petit message, je serais ravie de partager ton expérience. Sinon, tu peux aussi cliquer ici pour lire davantage de témoignages.

On se retrouve la semaine prochaine dans un nouvel article, en attendant prenez soin de vous!

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