Bilan de nos 2 ans à Montréal – partie 1

Bonjour à tous !

Et bien voilà, on y est. Déjà deux ans, le 24 août exactement, que nos pieds ont touché le sol canadien. J’ai l’impression que c’était hier, c’est passé tellement vite! L’année dernière, je vous ai fait un article sur le bilan de notre première année à Montréal, et je vous invite à aller y jeter un coup d’oeil pour voir l’évolution. Depuis, énormément de choses ont changé, et j’ai surtout les idées beaucoup plus claires sur mon expatriation. Dans cet article, je vais vous expliquer où j’en suis aujourd’hui sur les différents aspects de ma vie comme le travail, les études ou encore la vie sociale, et je vous parlerai des moments plus difficiles aussi. La semaine prochaine, il y aura une seconde partie consacrée davantage aux expériences, aux découvertes et aux projets, parce que je ne pourrais pas tout faire rentrer dans cet article. En tout cas, je peux vous dire qu’entre ma première et ma deuxième année ici, j’ai vraiment l’impression d’avoir vécu deux expériences complètement différentes.

Le logement :

Parlons d’abord du logement, dont il ne faut pas sous-estimer l’importance. Dans le bilan de nos un an, je vous expliquais que notre premier appartement était très bien situé, en plein dans le centre-ville, mais il était aussi très petit et très sombre. Avec le recul, je peux vous dire que je ne me sentais pas bien dedans, je n’avais pas envie de le décorer parce que je n’avais pas vraiment l’impression d’être chez moi, et ça a aussi beaucoup joué sur mon moral. Je me sentais tout le temps déprimée, je pleurais presque tous les soirs sans raison, et j’avais tendance à m’enfermer encore plus au lieu de sortir prendre l’air.

Le 1er mai 2019, nous avons déménagé dans un nouvel appartement, plus loin du centre-ville, mais plus grand, et ça a été un véritable nouveau souffle. C’était essentiel pour nous d’avoir deux chambres pour pouvoir accueillir nos proches, et aussi d’avoir une terrasse pour pouvoir prendre l’air, surtout l’été. Cet appartement a aussi des défauts, mais on se sent bien dedans, et c’est pourquoi nous avons choisi de renouveler le bail pour une seconde année au moins. On sait que l’on ne va pas y rester éternellement, parce que nos envies évoluent vers quelque chose de plus grand, plus lumineux, avec un jardin et une place de parking, et vivre à Montréal nous offre la possibilité d’accéder à ce genre de luxe. Mais on a envie de prendre le temps, surtout avec la crise sanitaire actuelle, les prix des loyers qui augmentent, et aussi parce que c’est assez épuisant de déménager chaque année.

Dans cet appartement, on a pu peindre certains murs, ajouter petit à petit des meubles, et faire une décoration qui nous correspond, pour qu’on se sente vraiment chez nous. On a aussi pu recevoir notre famille, et c’était vraiment important pour nous d’avoir la place pour les héberger, parce qu’ils font déjà le trajet pour venir nous voir. On a pu offrir à notre chat, Maddie, plus de place pour s’épanouir et grandir avec nous. On a aussi pu créer des souvenirs avec nos amis, en partageant une table autour d’un bon repas. On a appris à y vivre au travers des saisons, en se battant contre le froid de l’hiver sans jamais mettre le chauffage, pour au final mourir de chaud en été. Ce sont toutes ces petites choses, qui peuvent paraître anodines, mais qui contribuent fortement à l’expérience de l’expatriation.

Les études :

Ça fais deux ans que je dois vous faire un article sur mes études à Montréal, mais je n’ai jamais pris le temps de le faire pour l’instant. Pour le petit rappel, je fais un baccalauréat en communication-marketing, qui correspond à une licence en France. Mon visa dure trois ans, le temps de mes études, que je pourrais renouveler avec un visa post-diplôme. En septembre, je rentre en troisième et dernière année, et je ne sais pas encore si je vais me lancer dans une maîtrise (un master), on va dire que c’est la petite tâche floue restante dans mon futur. Pour valider cette dernière année, il faut aussi que je passe un test qui prouve que j’ai un bon niveau en anglais, et que je trouve un stage dans mon domaine.

De ce que j’ai pu voir pour l’instant, les cours sont assez faciles à valider, du moment où l’on fournit un minimum de travail personnel et que l’on s’implique dans les travaux de groupe. L’année est assez courte, puisque les cours commencent début septembre et se finissent fin avril, si on ne suit pas de cours d’été. Par contre, il y a moins de vacances qu’en France, soit seulement deux semaines à Noël et une semaine en février si nos professeurs sont sympas. Cette année, nous avons dû nous adapter pour finir les cours à distance et passer les examens en ligne, à cause du covid-19, et personnellement, j’ai bien vécu ce changement. A la rentrée, tous nos cours vont être donnés à distance, et je suis assez curieuse de voir comment l’année va se dérouler. C’est assez étrange d’être à l’université sans vraiment avoir de contact physique avec les autres élèves, et il y en a certains que j’aurai bien aimé revoir après l’été. Je pense qu’on est un peu tous dans l’interrogation, mais j’ai à la fois hâte de reprendre, et j’ai aussi hâte d’avoir fini et de commencer mon stage.

Le travail :

En ce qui concerne le travail, je venais juste de commencer un nouvel emploi dans le bilan de ma première année. Un an plus tard, je viens tout juste de le quitter. Je travaillais à La Dépendance, un espace café et boutique situé sur le plateau, qui venait d’ouvrir depuis moins d’un an au moment de mon embauche. Ça a été une belle expérience pour moi, parce que j’ai eu la chance de travailler avec une petite équipe de personnes créatives et inspirantes, et j’ai pu participer à l’évolution de l’entreprise. En France, j’avais beaucoup travaillé en restauration, et je n’étais pas sure de vouloir y retourner en arrivant à Montréal. Mais en tant qu’étudiante, je ne peux pas faire beaucoup d’heures pendant l’année, et la restauration est un milieu qui paye bien grâce aux pourboires.

Alors pourquoi j’ai démissionné? Avec la covid-19, la restauration a beaucoup changé. Ce que j’aimais, c’était faire du service à table, m’occuper des clients et parler avec eux. Et c’est exactement tout ce qui a changé. Travailler avec le masque, derrière des plaques de plexiglas, devoir désinfecter après chaque client, devoir faire la police constamment, j’avais l’impression d’être devenue un robot et je ne prenais plus aucun plaisir à aller au travail. Je me suis dit que si j’ai eu le courage de déménager à l’autre bout du monde, je devais aussi prendre le risque de quitter mon emploi sans savoir ce que me réserve la suite, et ne pas rester enfermer dans quelque chose qui ne me plait plus. Je suis quand même restée un an dans ce café, et pour moi il était temps de laisser ma place à quelqu’un d’autre.

Pour l’instant, je suis toujours à la recherche d’un travail dans la communication. Ce n’est pas évident, parce que je cherche un poste à temps partiel, et à part mes études, je n’ai pas encore de vraie expérience dans ce domaine. Je me suis laissé le mois d’août pour trouver, et ça me fait un peu stresser de ne pas trouver quelque chose avant la rentrée. Mais bon, je ne perds pas espoir, j’attends qu’une entreprise me laisse ma chance!

La vie sociale :

Un des aspects où j’ai eu le plus de difficultés, et où j’ai encore des difficultés aujourd’hui, c’est la vie sociale. Avant d’arriver à Montréal, je n’ai jamais eu de mal à faire des rencontres, je me suis toujours bien intégrée là où j’allais, j’ai le genre de personnalité qui s’adapte un peu avec tout le monde malgré ma timidité. Alors en arrivant ici, je ne m’inquiétais pas vraiment, je pensais que l’université me permettrait de rencontrer du monde et que je me ferais facilement des amis, mais ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé. J’ai quand même fait de belles rencontres, mais c’était surtout dans mes différents emplois. Et la réalité, c’est que les français restent beaucoup avec les français, et beaucoup choisissent de rentrer en France après un certain temps. Alors petit à petit, je vois partir les quelques vrais amis que je me suis faits, et je me retrouve encore une fois seule, de retour à la case départ.

Je sais que c’est en grande partie de ma faute, je ne suis pas assez sortie de ma zone de confort, et encore plus pendant la première année dans mon appartement avec mes humeurs déprimantes. Aussi, ça peut paraître incroyable d’arriver dans un nouveau pays en étant en couple, et ça l’est, mais c’est aussi prendre le risque de se reposer sur l’autre personne, et c’est ce qu’il s’est passé pour moi. A l’université, j’ai vu des amitiés se créer autour de moi, en particulier des groupes de québécois, et je n’ai pas réussi à m’intégrer. Evidemment, j’ai quand même fait des rencontres, dont des québécois que j’apprécie beaucoup, mais c’est plus des connaissances que des amis. Et aujourd’hui, ça me manque de ne pas avoir une ou plusieurs personnes chez qui je pourrais aller toquer à n’importe quelle heure de la journée.

Je vous parle de tout ça avec le coeur, et je vous avoue que ça n’a pas été facile à vivre durant la première année, mais aujourd’hui je relativise beaucoup plus sur la situation. Je vis dans l’instant présent, et je sais que je vais encore croiser de belles personnes sur mon chemin. J’en ai aussi rencontré certains d’entres vous via Instagram, et même si l’on ne peut pas devenir amis avec tout le monde, je trouve ça bien de discuter avec vous et de parler de nos différentes expériences en tant qu’expatriés. Alors n’hésitez pas à m’envoyer un petit message, je suis toujours partante pour aller boire un café et vous rencontrer! 🙂

Les moments difficiles :

Malgré tous les témoignages positifs que vous pourrez entendre sur l’expatriation à Montréal, il ne faut pas se faire de faux espoirs, il y aura toujours des moments difficiles pour tout le monde, et c’est normal. Beaucoup d’expatriés ont honte d’en parler, mais au contraire, je pense que c’est important de savoir que d’autres personnes traversent aussi des moments compliqués. Et bien évidemment, en deux ans d’expatriation ici, on n’y a pas échappé.

Je sais que pour beaucoup, le plus difficile, c’est le manque des proches et de la famille. Personnellement, ce point-là n’est pas vraiment difficile à vivre pour moi, ils me manquent beaucoup mais je n’en souffre pas au quotidien, je trouve que l’on a déjà énormément de chance de pouvoir se parler et se voir au téléphone à n’importe quel endroit dans le monde. Mais par contre, vivre à 6 000 kilomètres de chez soi, c’est aussi devoir gérer certains problèmes personnels à distance. C’est se sentir inutile, impuissant face aux évènements, et ça n’a pas toujours été évident de ce côté-là.

Mis à part ça, j’ai aussi vécu certains coups durs, comme le vol de mon portefeuille. Devoir refaire tous ses papiers, bloquer les cartes de crédit, aller au commissariat de police, on s’en passerait bien. Le moins évident, ça a été de refaire les papiers français à distance, comme le permis de conduire par exemple, heureusement ma carte d’identité n’était pas dans mon portefeuille. Aussi, on s’est fait voler une voiture de location à Noël, quand mes parents étaient là. C’était la matinée où l’on avait prévu d’aller faire du chien de traîneau, et c’est l’activité que j’attendais le plus de faire. Ça m’a vraiment rendu triste, et encore plus pour ma famille qui ne s’attendait pas à vivre ça pendant leurs vacances. Mais malheureusement, personne n’est à l’abri de ce genre de situations.

Aussi, il y a eu la covid-19. Je ne vais pas m’attarder là-dessus, parce que cette situation a été plus ou moins difficile pour tout le monde. Mais j’ai vu certains projets s’annuler, comme des amis ou de la famille qui devaient venir me voir cet été et qui n’ont pas pu. Ou bien encore, un voyage aux Etats-Unis qui ne pourra pas avoir lieu. Mais bon, j’ose espérer que ce n’est que partie remise!

En tout cas, la mémoire est bien faite et ce n’est certainement pas ces moments difficiles que je retiendrais de mes deux premières années ici, même s’ils en font partie. Il faut prendre tous ces moments, les bons comme les moins bons, comme des expériences. On finit toujours par se relever, apprendre et relativiser. Et heureusement, Maddie était toujours là pour nous consoler!

Ça m’embête un peu de terminer cet article sur une note plus négative, mais c’est aussi ça, la réalité de l’expatriation. Je vous réserve le reste du bilan pour la semaine prochaine, et ce sera essentiellement des moments marquants de mon aventure canadienne, des souvenirs qui resteront gravés dans ma mémoire. Je vous parlerai plus en détail de ce que j’aime dans la vie à Montréal, je reviendrai sur les endroits que l’on a découverts à l’extérieur de la ville, je vous parlerai de notre expérience au travers des saisons, et enfin, je vous en dirai un peu plus en ce qui concerne nos projets à venir.

J’espère que cette première partie du bilan vous aura plu, personnellement je prends beaucoup de plaisir à écrire cet article et à partager mon expérience avec vous.

On se dit à dimanche prochain pour la deuxième partie du bilan, en attendant prenez soin de vous. 🖤

5 commentaires sur “Bilan de nos 2 ans à Montréal – partie 1

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